Retarder le premier bain du bébé : les raisons expliquées

Un chiffre sec, une recommandation précise, et pourtant, la réalité tarde à suivre. Depuis 2016, l’Organisation mondiale de la santé recommande d’attendre au moins 24 heures avant de donner un bain à un nouveau-né. Pourtant, la plupart des maternités françaises proposaient encore jusqu’à récemment un bain dans les heures suivant la naissance. Ce décalage entre recommandations officielles et pratiques courantes suscite de nombreuses interrogations.

À la naissance, la peau d’un bébé n’a rien d’ordinaire. Après neuf mois enveloppée dans le liquide amniotique, elle s’expose soudain à l’air, couverte d’un voile blanc : le vernix caseosa. Cette matière, souvent méconnue, n’est pas un simple reste à nettoyer. C’est un rempart. Le vernix agit comme une véritable protection biologique, avec des propriétés antimicrobiennes, antifongiques, hydratantes, antioxydantes et réparatrices. Laisser ce film naturel, c’est permettre à l’enfant de bénéficier de sa toute première défense contre le monde extérieur, tout en gardant la peau hydratée et mieux armée.

Pour illustrer ce rôle protecteur du vernix caseosa, voici ce qu’il permet concrètement :

  • Il aide le bébé à conserver sa chaleur et limite les risques de perte de température après l’accouchement.
  • Il participe à l’attachement mère-enfant : sa composition et son parfum soutiennent l’instinct de proximité dès les premières heures.

Un détail souvent négligé : la ressemblance olfactive entre le liquide amniotique et le sein maternel. Préserver ce lien sensoriel en évitant un bain trop rapide facilite la prise du sein pour les premières tétées. Cette continuité encourage l’allaitement, répondant au besoin physique et émotionnel du nourrisson, tout en renforçant la connexion mère-enfant.

Quels sont les bienfaits concrets d’attendre avant le premier bain ?

Décaler le premier bain du bébé n’est pas anodin. Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé en font désormais une règle de bonne pratique : attendre au moins vingt-quatre heures, parfois plus. Ce délai profite directement à la santé du nouveau-né. On constate, dans les établissements qui adoptent ce protocole, des baisses nettes de la mortalité infantile, des épisodes d’hypothermie et des risques de crises d’hypoglycémie. Ce n’est pas une lubie récente, mais le fruit d’observations précises et de résultats concrets.

En laissant le vernix caseosa sur la peau, ses effets protecteurs perdurent. La barrière naturelle qui en résulte limite la déperdition de chaleur et aide le bébé à maintenir une température stable. Un bain trop hâtif, à l’inverse, peut provoquer un refroidissement rapide, surtout si la pièce n’est pas parfaitement tempérée. Le métabolisme du nouveau-né est alors mis à rude épreuve.

Côté allaitement, le choix de reporter le bain s’avère déterminant. Plusieurs instances, dont l’OMS, la Haute Autorité de Santé et l’American Academy of Pediatrics, constatent un meilleur taux d’allaitement exclusif à la sortie de la maternité quand le bain attend. Les marqueurs sensoriels préservés, disparus lors d’un bain trop précoce, sont essentiels pour la prise du sein et le démarrage de la lactation.

Pour récapituler, voici les bénéfices avérés d’un bain différé :

  • Réduction des risques de complications à la naissance et diminution de la mortalité néonatale
  • Favorise un allaitement maternel efficace et durable
  • Aide le bébé à maintenir une température corporelle constante
  • Conserve les repères sensoriels indispensables au tout début de la vie

Père tenant tendrement son bébé dans un salon chaleureux

Adopter de bonnes pratiques pour accompagner les premiers jours de bébé

Le peau à peau s’impose comme un réflexe santé plébiscité par l’Organisation mondiale de la santé. Simple, immédiat, il stabilise la température du nouveau-né, stimule l’ocytocine chez le parent et facilite le démarrage de l’allaitement. Dès la naissance, les parents sont encouragés à garder leur bébé contre eux, dans une ambiance paisible et tamisée, pour renforcer ce lien primordial.

En France, aucun texte officiel n’oblige à donner un bain à un moment précis : la décision revient entièrement aux parents. Certaines maternités, comme la clinique Sainte Anne à Strasbourg où exerce le Dr Arnault Pfersdorff, préfèrent différer systématiquement ce premier bain. Cette approche privilégie le respect du rythme de l’enfant et l’accompagnement personnalisé du duo mère-bébé. Les sages-femmes jouent alors un rôle clé, en expliquant pourquoi il est sage de laisser le vernix agir et de préserver les références sensorielles naturelles du nourrisson.

Voici quelques conseils utiles pour les premiers jours :

  • Pratiquer le peau à peau dès la naissance
  • Laisser le vernix caseosa agir, sans chercher à le retirer trop vite
  • Respecter le rythme de son enfant et choisir le moment du bain en fonction de ses besoins

De nouvelles initiatives, comme celles de Jolly Mama, apportent des ressources concrètes et un accompagnement sur-mesure pour le post-partum et l’allaitement. L’objectif : permettre aux parents de faire des choix éclairés, adaptés à chaque enfant, loin des automatismes d’hier.

Attendre avant de donner le premier bain, ce n’est pas une mode ni un caprice. C’est un geste simple, fondé sur l’écoute du nouveau-né et la confiance dans ses ressources naturelles. Au fond, il s’agit d’accompagner la naissance sans précipiter les rituels, pour laisser à chaque bébé le temps d’apprivoiser le monde à son rythme.

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